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BULGARIE : UNE COHABITATION MONARCHO-COMMUNISTE

Le vainqueur de gauche du scrutin Gueorgui Parvanov devra composer avec le roi, élu récemment, premier ministre.



Journal L'Humanité 20 novembre 2001

Entretien entre le premier ministre l'ex roi Siméon de Saxe Cobourg de Gotha avec le nouveau président solialiste Gueorgui Parvanov
Entretien entre le premier ministre l'ex roi Siméon de Saxe Cobourg de Gotha avec le nouveau président solialiste Gueorgui Parvanov
" Je serai un président social, le président de tous les Bulgares dans le respect des institutions et des valeurs républicaines ", a déclaré en substance Gueorgui Parvanov, vainqueur du second tour de l'élection présidentielle en Bulgarie, dimanche 18 novembre. Le leader du Parti socialiste bulgare (ex-Parti communiste bulgare), vient de remporter une victoire sans appel avec 55 % des voix face au candidat sortant de la droite, Petar Stoyanov qui n'a obtenu que 45 % des suffrages et vient visiblement de payer la facture des cinq années de gestion ultralibérale de son parti, l'Union des forces démocratiques. Une surprise de taille, puisque le candidat de la gauche a ratissé très large, bien au-delà de l'électorat traditionnel du Parti socialiste bulgare (PSB), qui avait obtenu aux législatives en juin dernier à peine 17 % des voix. Le scrutin présidentiel, purement majoritaire, a de fait focalisé le vote sur la personnalité des candidats, et celle de Gueorgi Parvanov, homme discret, consensuel et pragmatique, a visiblement séduit l'électorat bulgare. Historien de formation et habile réformateur dans les rangs de la gauche depuis 1991, le nouveau président socialiste a su se forger l'image d'un homme proche du peuple et de ses préoccupations. Pas de limousines, ni de demeures tape-à-l'oil comme la plupart des hommes politiques locaux, mais une vie ordinaire dans un appartement HLM de la banlieue de Sofia, avec des visites régulières dans son village de la région de Pernik, une ville connue par son conglomérat de production d'acier, mais aussi par la misère et le chômage, comme dans la majorité des provinces bulgares. Simple, mais non moins fin politique, Parvanov a su également resserrer les rangs du PSB après la tragique perte du pouvoir en 1997, quand la Bulgarie avait dû affronter la pire crise économique de son histoire. Réformateur, il a voulu insuffler l'idée d'une " gauche moderne ", avec un programme socio-libéral, plus proche il est vrai des partis socialistes européens, que des valeurs des ex-communistes de l'Est. Il s'est efforcé de rassurer tous ceux qui voyaient dans son élection le " retour du communisme " en affirmant qu'il soutenait la candidature de la Bulgarie pour son intégration à l'Union européenne et son adhésion à l'OTAN, " mais à des rythmes supportables pour la population et compatibles avec les intérêts nationaux ". Un discours somme toute rassurant pour les institutions internationales et la politique que souhaite mener l'ex-roi et actuel premier ministre, Siméon de Saxe Cobourg-Gotha, qui avait mollement soutenu la candidature du président sortant Petar Stoyanov. De fait, rien ne semble s'opposer à cette étonnante cohabitation, déjà qualifiée dans le pays de " monarcho-communiste ". Selon le vice-premier ministre Nikolaï Vasssilev du Mouvement national Siméon II : " les Bulgares ont voté pour le changement avec une vision d'avenir " et non simplement pour un parti ou une couleur politique. " Le plus important maintenant est que les institutions mettent en priorité à l'ordre du jour les préoccupations du citoyen ordinaire ", a déclaré le vice-premier ministre qui dirige également le ministère de l'économie. Un discours qui colle parfaitement avec les intentions du nouveau président qui prône le consensus national et souhaite examiner en urgence lors du prochain conseil consultatif de la sûreté nationale les questions du " coût social supportable des réformes économiques ", du rôle et de la stabilité des pouvoirs locaux, ainsi que l'épineux problème de la criminalité.

Roumiana Vincenti

Mercredi 23 Avril 2003
Roumiana


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