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HISTOIRE : ATTENTAT CONTRE LE PAPE

Les secrets de Fatima dans les caves du Vatican



HISTOIRE : ATTENTAT CONTRE LE PAPE
Le secret faisait peur. Depuis plus de soixante-dix ans des millions de catholiques, attendaient avec appréhension la révélation du troisième secret de Fatima. La Vierge, apparue dans la bourgade portugaise un 13 mai 1917, n’avait-elle pas annoncé une prophétie terrible? Ce devait être forcément apocalyptique, puisque le texte fut gardé secret par trois papes successifs.
Conservé dans les coffres impénétrables du Saint Office, le troisième secret de Notre-Dame de Fatima, n’apparaissait qu’une seule fois au début de chaque mandature. Jean XXIII, en prend connaissance en 1959. Paul VI se fait communiquer le texte en 1963, mais n’en tient pas plus compte que son prédécesseur. Pire! Il décide de supprimer plusieurs fêtes de la Vierge, faisant dire aux inconditionnels de l’Apostolat de Notre-Dame, que « l’esprit de Satan s’infiltrait dans l’église ».
16 octobre 1978, Karol Woityla, premier pape slave de l’histoire du catholicisme, prend le nom de Jean Paul II et refuse la divulgation du « Message de Fatima ». Jusqu’à ce fameux 13 mai dernier, date choisie avec un goût certain de la mise en scène, quand devant près d’un demi-million de fidèles, le pape décide de mettre fin à tant d’années de mystère. Immédiatement, Joaquin Navarro-Valls, le porte-parole du Vatican, conseiller le plus proche de Jean Paul II et membre éminent de l’Opus Dei, révèle en avant-première l’essence du message. Le secret se référait à l’attentat contre le pape Jean Paul II, perpétré très exactement le 13 mai 1981, sur la place Saint Pierre, par le Turc Mehmed Ali Agça.
Une aubaine pour cet ancien membre des Loups Gris, une organisation terroriste qui évoluait sous la coupe du MHP (le parti nationaliste turc), dont les disciples détiennent aujourd’hui plusieurs sièges au gouvernement de la Grande Porte. Depuis 19 ans il croupissait dans les prisons italiennes, prenant le soin de brouiller les pistes des commanditaires de l’attentat. Ce fut, dit-il en premier lieu, un acte isolé. Puis, un an après l’attentat, dans un italien fluide appris miraculeusement dans sa cellule d’isolement, il met en cause les services bulgares et le KGB. Il désigne à la tête de la conspiration un certain Sergueï Antonov, employé à l’office de Rome de la Balkan Air, la compagnie aérienne bulgare. Plus tard, il se rétracte, donne pas moins de 128 versions et conclue par une phrase sibylline le 14 mai dernier : « On finit par dire ce qu’ils veulent entendre ».
Au bout de trois instructions et deux procès, Agça est reparti avec la grâce présidentielle et ses secrets, en direction de la Turquie le 13 juin dernier. Il doit y être jugé pour le meurtre du rédacteur en chef du quotidien Millyet. Retour donc à la case départ, dans les quartiers de haute sécurité de la prison militaire Kartal Maltepe, pour ce personnage qui cultive l’art d’amener au bord de la crise de nerfs juges et magistrats instructeurs. « Je ne suis qu’un acteur, les secrets s’en sont allés avec Bekir Celenk » a déclaré le terroriste le plus célèbre du monde, lors de sa première comparution devant la cour d’Istanbul. Il faisait là référence à l’un des plus grands trafiquants turcs des années 70-80.
Mi-caïd, mi-marchand, Bekir Celenk avait su gagner la confiance à la fois de la mafia turque, des Loups Gris, mais aussi des services bulgares. Il travaillait également pour le sulfureux homme d’affaire syrien Arsan, qui revendait à partir de l’Italie des missiles, des chars et autres pacotilles militaires contre de la drogue. Il avait organisé son « commerce », sous le couvert de la banque vaticane Ambrosiano, dirigée par Roberto Calvi et Michele Sindona, membres de la loge maçonnique P2. Selon les allégations d’Agça, c’est précisément ce même Celenk qui lui a versé 3 millions de marks à la veille de l’attentat, prime pour l’exécution du Saint Père. Seulement voilà! Bekir Celenk est mort en 1985 dans l’ambulance qui le conduisait de la prison à l’hôpital. Roberto Calvi s’est pendu avec l’aide de la Cosa Nostra sous un pont de la Tamise à Londres. Quant à Arsan et Sindona, ils ont fini leurs jours en prison en Italie, l’un victime d’une crise cardiaque matinée de digitaline, l’autre en sirotant un café au cyanure.
Manipulateur ou fabulateur, instrument facile ou conspirateur habile, Agça semble rejouer un scénario qu’il avait déjà testé lors du procès de la « filière bulgare » à Rome. 28 mai 1985, la salle d’audience est bondée. Six cent journalistes du monde entier sont venus suivre le procès du siècle. On s’attend enfin à la condamnation officielle du Bulgare Antonov. Une sentence qui devait confirmer la définition « d’Empire du mal », donnée par Reagan à l’adresse des pays du Pacte de Varsovie. La tension est à son comble, la guerre froide aussi. « Qui vous a remis l’arme de l’attentat », interroge le juge Santipiachi. « Je demande à la cour de me laisser dire quelque chose qui ne figurait pas dans l’instruction. », réplique Agça, alors que la salle retient son souffle dans l’attente de l’ultime révélation. « L’attentat du pape est lié au troisième secret de la Madone de Fatima. Au nom de Dieu omniprésent j’annonce la fin du monde. Je suis Jésus Christ réincarné. ». La prophétie du nouveau Messie turc s’achève dans un soupir laissant muets la cour, les jurés et le public. La suite du procès tourne au fiasco. Fautes de preuves, toute l’accusation bâtie sur les affirmations d’Agça, n’est désormais plus crédible pour personne. Les Bulgares sont acquittés. Reste la question, comment avait-il pu avoir connaissance du secret de Fatima si jalousement gardé par le Saint Office du Vatican ?
Une prophétie du 13 mai, qui s’accomplit un 13 mai, voilà une bien heureuse coïncidence, propre à faire croire aux miracles. « J’ai eu cette révélation peu avant l’attentat, une nuit, alors que je marchais, aux Baléares » déclare Ali Agça en 1997 au journaliste français Jean Marie Stoerkel. C’est pourtant une toute autre histoire qu’il raconte à son complice Oral Celik, présent avec lui le 13 mai 1981 sur la place Saint Pierre. Une version consignée lors de l’interrogatoire de ce membre éminent des Loups Gris, dans l’instruction mené par le juge italien Rosario Priore. Ainsi, Celik affirme qu’avant l’attentat, des agents des services de renseignement italien auraient conduit Agça auprès d’un cardinal.
« Ce cardinal lui a narré qu’au bout de trois cents ans, le pape polonais était venu et avait mis la pagaille dans la politique du Vatican. Il a mis dans la tête d’Agça qu’il avait été dit, il y a cent cinquante ans, dans une prophétie, qu’il viendrait un sauveur et que lui Agça, était ce sauveur » (1). Nouvelle mystification de la très fertile imagination d’Agça ? Les prophéties offrent l’avantage de se prêter à toutes les interprétations.
Pas de trace de message sacré en revanche dans le reportage diffusé par la TG-7 en mars 1997, qui montre une photographie retrouvée par des journalistes de la télévision italienne sur laquelle on identifie Ali Agça dans l’assistance qui entoure le pape, lors de la fête de la paroisse de l’église San Tomazo d’Akunio, dans la banlieue de Rome. La messe avait lieu le 10 mai 1981, trois jours avant l’attentat. Agça figure sur l’image parmi les invités de la tribune d’honneur, très exactement au nombre de 100 et munis de laissez-passers délivrés par le Vatican. Interrogé par les journalistes italiens, à la question « Vous reconnaissez-vous ? », Agça donne une de ses habituelles réponses sibyllines : « Franchement, je ne sais pas. » Exit la photographie, comme tous les autres éléments qui peuvent mener à des pistes divergentes de la « filière bulgare ». C’est encore les services bulgares et le KGB qui figurent d’ailleurs dans les conclusion de l’instruction du juge Priore en avril 1998. Un rapport long de 512 pages.
« Toute cette affaire a coûté des millions de dollars au contribuable italien, pourtant la vérité n’est toujours pas établie », tempête Iordan Ormankov, ex-instructeur (2) et agent de renseignement à la retraite. Eminent juriste, ancien porte-parole du ministère de l’Intérieur bulgare, Ormankov a consacré quatre années de sa vie à enquêter pour assurer la défense de Sergueï Antonov. « Avec mon équipe, nous avons confondu Agça sur 104 points. Il a dû convenir qu’il avait menti. » Il énumère quelques exemples, dont la description erronée de l‘appartement d’Antonov. « En fait Agça a décrit l’appartement situé au-dessus du domicile d’Antonov, occupé par un certain abbé Morlion. La différence sautait aux yeux. La salle principale était séparée chez l’abbé par une porte coulissante, alors que chez Antonov, elle était remplacée par un rideau. » Détail intéressant qui mène droit à l’étrange frère dominicain Felix Morlion, un belge, chargé par le pape en 1946 de réorganiser les services de renseignement du Vatican. Dévoué à la lutte anticommuniste depuis les années 1930, il collabore occasionnellement à la CIA et accessoirement, devient le voisin d’un bulgare. Détail, qui fut considéré comme une pure coïncidence par les juges d’instruction italiens. Mais du côté de Sofia, on ne croit ni aux prophéties ni aux coïncidences, surtout en matière de « filière bulgare ». Un sujet qui fâche au même titre que l’évocation de l’affaire du parapluie bulgare qui, s’il n’avait coûté la vie au dissident Guergui Markov, serait classé depuis longtemps « avec le pape », au rayon des souvenirs de la guerre froide.
Début 1991, après le changement de régime, l’ancienne république populaire de Bulgarie devenue pays démocratique, décide d’en finir avec les interminables soupçons. Une équipe de dix enquêteurs est chargée de « déterrer » tous les documents classés « Secrets » dans les archives des services bulgares d’espionnage et de contre-espionnage, civils et militaires. « Le but était de découvrir des preuves directes ou indirectes de l’éventuelle implication des Bulgares dans l’attentat contre le pape. Une opération d’une telle envergure laisse forcément des traces, ne serait-ce que par des documents comptables. Et même s’ils avaient été détruits, la règle veut qu’un protocole de destruction soit établi, puis un protocole de destruction du protocole…. Rien ne se perd. » - explique Roumen Andréev, membre de l’équipe qui a travaillé sur cette seconde instruction bulgare. Il est formel : pas la moindre trace d’une quelconque implication bulgare.
Le premier document trouvé se référant à l’affaire, est un commentaire inquiet du KGB, se souvient Anguel Dontchev, autre enquêteur de l’équipe. Une sorte de missive d’alerte. « C’est un télex adressé à nos services dans les heures qui suivent l’événement. Dans ce document, nos collègues russes confirment que l’attentat a bien eu lieu et nous font part de l’activité accrue des services occidentaux, en nous recommandant de nous tenir prêts à riposter. Selon leur première analyse, une « attaque » contre un pays de l’Est n’était pas à exclure. » Même désarrois du côté des archives secrètes du politburo.
29 décembre 1982, quelques jours à peine après l’interpellation d’Antonov à Rome, les membres du gouvernement et du bureau politique sont réunis au grand complet en présence du président-secrétaire général Todor Jivkov. Ordre du jour : analyse de la situation autour de « l’affaire Antonov ». Le protocole BN°44 classé « Secret, Ultra Confidentiel » établit le procès verbal de cette rencontre au sommet. Le contenu révèle à quel point « l’Empire du Mal » pouvait avoir des préoccupations qui n’avaient rien à voir avec une tragédie dantesque. D’emblée, Petar Mladénov, ministre des affaires étrangères et rapporteur du groupe, remarque l’intensité de la propagande médiatique occidentale et l’impossibilité d’y répondre de façon efficace. « On ne peut pas utiliser les télex, ils sont trop chers. Un rapport de 6 pages transmis à notre ambassade à Washington nous a coûté environ 1000 $. On ne peut pas non plus utiliser d’autres moyens, puisqu’il s’avère que notre radio ne couvre pas les territoires de certains pays, comme la France, le Danemark ou l’Espagne... » Suit une énumération des scénarios d’action élaborés par les instances et l’affirmation : « La CIA ne cédera pas. »
Avec une étonnante clairvoyance, les ministres des affaires étrangère et de l’intérieur, énumèrent les prochaines tentatives probables de déstabilisation de la Bulgarie. Ils en sont persuadés, faute de pouvoir amener des preuves sur l’affaire Antonov, les services occidentaux chercheront d’autres variantes. Ils essaieront d’impliquer les Bulgares dans les actions terroristes des Brigades Rouges, auteurs des enlèvement d’Aldo Moro et du général de l’Otan John Lee Dozier . Ou encore dans l’affaire de trafic d’armes et de drogue de Trente. Les dirigeants communistes étaient-il atteints de paranoïa ou souffraient-ils d’espionnite aiguë ? Pas si sûr. Enfermé six mois durant dans les archives du service d’espionnage, Anguel Dontchev se rappelle clairement avoir vu des documents des services italiens sur des « projets de déstabilisation ».
« Il faut se remettre dans le contexte. C’était dans l’ordre des choses puisque l’Italie, en tant que pays membre de l’Otan, était chargée de suivre la Bulgarie. Je me rappelle au moins une dizaine de cas imaginés par les services italiens pour discréditer notre pays. Le plus frappant était le projet de déposer le corps du président de la Démocratie Chrétienne Aldo Moro, après son enlèvement et son assassinat, dans l’enceinte de l’ambassade de Bulgarie à Rome. » Décidément les secrets des services de l’Est et de l’Ouest n’ont pas fini de brouiller les cartes de l’ordre mondial. Quant à l’attentat contre le pape, s’il ne semble pas être l’œuvre de « l’Empire du mal », c’est bien la fumée de Satan qu’on croit déceler dans ce nauséabond imbroglio de mensonges et de manipulations.



(1) « Les loups de Saint Pierre » Jean-Marie Stoerkel , Plon, 1996
(2) En Bulgarie les instructions judiciaires sont menées par le Service Spécialisé de l’Instruction, indépendant de la magistrature. Les « instructeurs » ne sont pas des juges.


La Guerre Sainte selon Ali Agça

HISTOIRE : ATTENTAT CONTRE LE PAPE
Mehmed Ali Agça, l’auteur de l’attentat contre le pape va-t-il enfin dire la vérité ? Convoqué devant la cour d’Istanbul où il risque de nouvelles condamnations, l’ancien terroriste semble décidé à semer le trouble. Lundi 10 juillet, il a distribué par l’intermédiaire de son avocat turc un manuscrit dont le contenu s’apparente à un véritable appel à la Guerre Sainte…contre le Vatican. En voici le contenu intégral :
« Le Vatican, le repère du Diable, qui a essayé d’assassiner son propre pape, doit être fermé… !
Oh, Vatican, retire-toi de la scène de l’Histoire ! Que le Vatican sit transformé en pyramide sans pharaons…Oh mon frère le pape : DEMISSIONNE ! Démissionne tout de suite et retourne-toi en Pologne. Tu es un homme bien, tu ne peux pas habiter dans le repère du Diable, la poubelle de l’histoire qui est le Vatican. Démissionne tout de suite et crie : « La papauté doit être interdite. La papauté qui est une traîtrise contre la Bible, contre le Messie, contre Dieu, doit être interdite ».
Mon frère le pape, l’histoire du Vatican depuis 2000 ans, est remplie de fautes et de pêchés contre l’humanité et contre Dieu. C’est pour cela que le Vatican doit être tout de suite banni des Nations Unies. Les amis les plus proches du Vatican sont des pays terroristes comme la Libye, l’Iran et Cuba. Et moi, j’invite tous les pays honorables à couper toutes les relations diplomatiques avec le Vatican. Et que personne n’ait peut du repère du Diable, le Vatican. Moi, tout seul, je déclare une guerre internationale culturelle contre le Vatican. Tous les gens honorables de toutes nationalités, suivez-moi.
Chers frères protestants, ce que Luther et Calvin n’ont pas pu faire, c’est moi qui le ferai. Chers frères catholiques, c’est moi qui vais vous sauver en vous détachant de la fausse chaîne idéologique et spirituelle du Vatican. Croire à la vraie Bible, au vrai Messie, c’est refuser le Vatican.
De plus, le Vatican a changé certaines prédictions de Fatima, parce que ces secrets disaient ainsi : Le Vatican va suivre le Diable. Il va s’éloigner de la vraie religion, il va devenir un vrai pouvoir de politique et d’économie et les cardinaux vont se battre entre eux.
Mes frères catholiques, moi je vous aime. Pourquoi ne quittez-vous pas ce Vatican, qui a essayé de faire assassiner son propre pape ? Oh chrétiens, quittez le repère du Diable et suivez seul Dieu et la Bible. Moi, Mehmed Ali Agça, je dis que le seul chemin, c’est la guerre de culture. Mort au terrorisme. Vive la liberté de croyance, de religion, d’expression. Vivent toutes les religions et les relations de fraternité entre les hommes. »



Ferdinando Imposimato

Dernier juge anti-mafia encore vivant, Ferdinando Imposimato a instruit quelques dossiers brûlants qui ont fait plonger des mafieux, des banquiers, mais aussi des hommes politiques. Lors de son enquête sur les Brigades Rouges, il est amené à interroger Ali Agça. C’est selon lui, dans cette ténébreuse affaire d’enlèvements et d’actions terroristes, que se situe le point de départ de la célèbre filière bulgare.
« . J’ai pu établir lors de l’instruction qu’il y avait eu des contacts entre les Brigades Rouges, le syndicaliste italien Luiggi Scricciolo et un bulgare nommé Ivan Tomov Dontchev. Cet employé de l’ambassade était lui-même en relation avec Ali Agça. Ces trois personnes sont impliquées dans le projet d’attentat contre Lech Walensa, le leader du syndicat polonais Solidarnost(1). Il existe également un lien entre les Bulgares et l’enlèvement du général Dozier (2), car la Bulgarie s’intéressait de près à l’Otan. On trouve d’ailleurs une confirmation de cette piste bulgare dans les révélations de Mitrokhine, l’ancien archiviste des services secrets soviétiques, qui vient de publier ses mémoires à Londres.
Agça m’a donné l’impression de quelqu’un de très intelligent, mais c’est aussi un personnage difficile et instable. Il a dit beaucoup de vérités qui ont été sous-évaluées et qui méritent d’être vérifiées avec beaucoup d’attention. Aujourd’hui encore je suis persuadé que la piste bulgare est une réalité. Je crois à la culpabilité d’Antonov. D’ailleurs la cour ne l’a acquitté que pour « insuffisance de preuves ». »

Propos recueillis R.O.

(1)« Un juge en Italie », Ferdinando Imposimato, éd. De Fallois
(2) le 17 décembre 1981, les Brigades Rouges enlèvent à Vérone le vice-chef d’Etat major logistique de l’Otan en Europe du Sud, le général James Lee Dozier. Le 28 janvier 1982, il sera libéré par la police à Padoue.

Jeliu Jelev,

« En 1991, le professeur Allen Weinstein (1), du Centre pour la démocratie de Washington m’a sollicité en tant que président d’une commission d’enquête internationale sur l’attentat contre le pape, pour établir la vérité. Nous lui avons donné accès à tous ce qu’il souhaitait voir, y compris les archives des services de renseignement. J’ai même adressé une lettre au nouveau chef du KGB, Vadim Bakatine, pour qu’il aide M. Weinstein dans ses démarches (2).Je ne sais ce qui est advenu des travaux du professeur et de la commission. Je n’ai jamais eu leurs conclusions.
A l’occasion d’une rencontre au sommet, j’ai eu au sujet de la « filière bulgare » un entretien édifiant avec Julio Andreotti, alors premier ministre d’Italie. « Ne croyez pas aux accusations sur la filière bulgare, ce sont des inventions de la CIA pour les besoins de la guerre froide. » Alors que je lui faisais part de notre volonté de faire sortir au grand jour la vérité, il m’a répondu : « cela n’arrivera pas, ce n’est pas dans l’intérêt de ceux qui ont inventé la « filière bulgare »
Lors de ma visite au Vatican j’ai demandé aussi au Saint Père s’il croyait à la filière bulgare. « La filière bulgare doit être effacée. Même si des personnes isolées peuvent être coupables, on ne peut jeter l’anathème sur tout un peuple et un pays. », m’a très exactement dit le pape Jean Paul II.
Pour ma part, en tant qu’ancien dissident ayant souffert du régime communiste, je n’ai pas peur de la vérité, quelle qu’elle soit. Même si la filière bulgare existait, elle serait imputable aux seuls services de l’ancien régime totalitaire et non à la Bulgarie. »

propos reccueillis R.O.

(1) Allen Weinstein, ancien professeur de l’université de Georgetown, auteur de la récente étude « La forêt hantée : L’espionnage soviétique en Amérique-L’époque de Staline » Random House 1999
(2)correspondances publiées dans « Bulgarie Terre d’Europe », Jeliu Jelev , éd. Frison Roche,
Vendredi 13 Mai 2005
Roumiana Ougartchinska


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